Qu’est ce que le stress et comment apprendre à le gérer


Lorsqu'une personne vient me voir au cabinet et me demande comment faire pour gérer son stress, je trouve important, avant de débuter la séance de sophrologie, de lui expliquer ce qu'est exactement le stress. Pratiquer la sophrologie symbolique c'est bien, comprendre pourquoi elle doit faire tel ou tel exercice c'est mieux. Je pense qu'il est important que chacun puisse reprendre le pouvoir sur son corps et ses émotions. Certaines connaissances peuvent aider à faire ce travail de développement personnel.


Notre corps fonctionne grâce à notre système nerveux central (cerveau + moelle épinière) .

Nous y trouvons le système nerveux autonome :

Il a le contrôle de notre monde intérieur (respiration non-consciente, battement du cœur, circulation sanguine, température du corps, sommeil, digestion, système immunitaire…)

Il est composé des systèmes nerveux entérique, orthosympathique et parasympathique.

Ce qui nous intéresse aujourd'hui sont ces deux derniers systèmes


Le système orthosympathique se met en route lorsque nous sommes face à un danger.

Des hormones telles que l'adrénaline, la noradrénaline, le cortisol sont libérées dans le corps afin que nous puissions fuir ou attaquer.

Le cœur s’accélère, le diamètre de certains vaisseaux se modifient afin de diriger le sang vers le cerveau et les muscles nécessaires à l’action.

La fréquence et l'amplitude respiratoire s’élèvent pour améliorer l'oxygénation des muscles dont le tonus augmente. Les pupilles se dilatent afin d’être plus vigilant.

Au niveau de la peau, les vaisseaux rétrécissent, la sudation s’amplifie et les poils se hérissent comme un chat prêt au combat.

Pour que l’on puisse tenir la distance, que ce soit dans la fuite ou dans l’attaque, le corps libère du sucre dans le sang afin de fournir l’énergie nécessaire aux muscles et au cerveau.

Dans le même temps, certains systèmes sont mis en mode ralenti, comme par exemple le système immunitaire, la digestion, le système de reproduction, le sommeil.


Lorsque le danger s’est éloigné ou que le combat est terminé, le système parasympathique rééquilibre tout l’organisme. Le cœur ralentit, la respiration est plus lente, plus profonde, les muscles de notre corps se relâchent et tous les systèmes comme la digestion, le sommeil, le système immunitaire se remettent à fonctionner normalement.


Ce système parfait a permis à nos ancêtres Cro-Magnon d'affronter des situations périlleuses comme par exemple une rencontre avec un mammouth. Le problème qui se pose à notre époque, c'est que de « grosses bébêtes » comme celles-là, il n’y en a plus. Et dans notre monde occidental nous sommes rarement confrontés à un danger qui pourrait causer notre mort

Vous allez me dire “Mais, ce système ne se met en route que très rarement alors ?”. Détrompez vous, chez certains d’entre nous (pour ne pas dire presque tout le monde) ce système se met en route tous les jours et même plusieurs fois par jour . La 'petite faille' dans ce mécanisme de survie est que notre cerveau ne voit pas la différence entre un patron et un mammouth, la peur de tomber malade et un mammouth, une feuille d’examen et un mammouth. Résultat nous avons une alarme qui se déclenche mais nous sommes dans l’incapacité d’agir.

Vous vous voyez attaquer ou fuir votre patron ?

Non ! Et bien moi non plus.


Donc, ce qui pose un problème c’est que le système orthosympathique se met en route mais comme nous ne pouvons pas réagir, le système parasympathique ne peut se mettre en place, ou du moins, bien plus tard, lorsque nous nous trouverons dans un lieu où nous nous sentirons en sécurité comme chez nous ou dans notre voiture. Mais là, je risque de vous décevoir, car même dans ce cas, il n’est pas certain que votre système parasympathique puisse rétablir votre équilibre intérieur.

Savez-vous pourquoi ? Et bien parce-que vous êtes certainement en train de repasser en boucle la scène avec votre patron, d’imaginer des scénarios catastrophes sur les conséquences d’une éventuelle maladie ou d’un examen raté.

Et, comme votre cerveau ne voit pas la différence entre la réalité et l’imaginaire, le système orthosympathique s’enclenche de plus belle.


"Quelle est la solution ? ” me direz-vous.

Il y a un travail sur soi à faire afin que ce système ne se déclenche pas aussi facilement en agissant sur vos pensées parasites. Pour cela, il suffit de vous mettre dans la position de l’observateur afin de prendre conscience des scénarios qui se jouent dans votre cerveau et revenir à votre corps.


Relâchez vos muscles (épaules, bras, mâchoires, front) et pratiquez une respiration blocage : “j’inspire profondément et lentement par le nez en gonflant le ventre, je bloque ma respiration le plus longtemps possible, j’expire doucement et longuement par la bouche en rentrant le ventre” (5 fois).

Vous pourrez une fois revenu à vous-même observer ce qui vous entoure.

Allez savoir ! il y a peut être des trucs sympas à découvrir.