Le cerveau et ses pensées parasites


Le cerveau est un formidable "ordinateur" extrêmement complexe et puissant.

Grâce à lui nous pouvons faire et gérer énormément de choses même si nous ne sommes pas conscient de la plupart de nos processus physiologiques tels que : La respiration, les battements de coeur, le système immunitaire, tout comme de nos réactions émotionnelles inconscientes et de nos programmations.


La partie du cerveau qui nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui est le cortex préfrontal.

Cette partie du cerveau nous permet entre autre d’analyser une situation afin de résoudre un problème. Pour ce faire, il va aller chercher des informations dans le cerveau limbique, là où se situe la mémoire, afin de voir si nous avons déjà été confronté à cette situation et comment nous l’avons résolu la dernière fois. Si ce n’est pas le cas, il va travailler en partenariat avec l’hémisphère gauche du cerveau, zone de la logique et l'hémisphère droit, zone de la créativité, afin de trouver une solution au problème ( c’est une façon simplifiée d’expliquer le fonctionnement du cerveau).


Jusque là tout va bien, il fait ce pourquoi il a été créé. Le souci, c’est que notre cortex préfrontal que nous allons appeler "le mental” pour simplifier, n'est pas toujours concentré sur une tâche. On pourra dire alors, qu'il "s’ennui" et comme il n’est pas habitué à rester sans rien faire, il part dans le passé où il pioche des souvenirs généralement pas très sympas. Il peut aussi faire des bonds dans le futur et imaginer des scénarios catastrophes qui ont très peu de chance de se réaliser .

Vous allez me dire - "ça doit être rare ?!" et bien malheureusement ça ne l’est pas du tout.

Je dirais même que nous passons plus de temps dans notre “mental” que dans le reste de notre corps, et par conséquent dans l'instant présent.


Afin d’en prendre conscience, il y a un exercice très simple à faire. Il suffit de se mettre dans la position d’observateur (ce qui est amusant, puisque ce même cortex préfrontal nous permet d’être conscient de nos propres pensées).

Je vous donne un exemple très concret :

Vous êtes dans votre voiture sur le chemin du travail. Vous avez l’habitude de prendre cette route, étant donné que vous la faite tous les jours. En fait, c’est votre inconscient qui prend le volant à ce moment là. Ne vous ai-t-il jamais arrivé de vous dire

“ Tiens, je suis déjà là !?”

Donc, vous êtes dans votre voiture, et comme votre "mental" s’ennui, il va aller chercher un souvenir dans la zone mémoire de votre cerveau limbique.

La scène qui se déroule s’est passée hier sur votre lieu de travail et vous la revivez comme si elle avait lieu à l’instant même.

Vous êtes convoqué dans le bureau de votre manager, il vous demande comment il se fait, que vous ne lui ayez toujours pas remis le dossier de Madame Tartempion. L'ennui, c’est que ce jour là, votre manager n’est pas de très bonne humeur. Il est plutôt tendu. Lorsqu’il vous demande des informations sur ce dossier, votre cerveau limbique (émotionnel) déclenche une alarme “DANGER !”

Vous souvenez-vous de l’histoire du mammouth dont je vous ai parlé dans l'article

“Qu’est ce que le stress et comment le gérer ?”

Et bien, votre cerveau limbique ne voit pas la différence entre votre manager et un mammouth.

Résultat, votre système sympathique se met en route, le coeur s’accélère, la bouche devient sèche, vous commencez à transpirer, les muscles de votre corps sont en tension. Vous êtes prêts à fuir ou à attaquer. Le problème c’est qu’il vous reste assez de conscience pour comprendre que vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre. Comme vous êtes en mode "survie" votre cortex préfrontal lui s’est mis en mode "pause ". Vous êtes là, tétanisé ne pouvant vous souvenir où en est ce dossier. D’ailleurs dans la panique vous ne savez même plus qui est Madame Tartempion.


Je vous rappelle que vous êtes toujours dans votre voiture, en route vers votre travail. Vous êtes juste en train de vous remémorer la scène. D’ailleurs vous vous la passez en boucle depuis votre entretien avec votre manager. Vous vous l’êtes déjà passé hier soir sur le chemin du retour, dans votre lit, ce qui vous a empêché de vous endormir avant minuit, ce matin au petit déj et même sous la douche.

Donc, pour la énième fois vous ressassez ce même événement, ou plutôt, c'est votre cerveau qui rejoue la scène. Et ce n’est pas tout. Votre "mental" met en scène un autre scénario. Celui où vous arrivez au bureau, où vous avez eu le temps de vous poser et par conséquent, avoir l’esprit plus clair. Vous vous êtes même souvenu de tout. Du dossier de Madame Tartempion, qui en réalité était géré par votre collègue qui est actuellement en vacance et qui aurait dû s’en occuper avant de partir.


L’histoire n’est pas finie. Votre mental est maintenant en train d’imaginer que vous êtes dans le bureau de votre manager en train de lui expliquer la situation. Vous pourriez très bien imaginer que tout ce passe bien, dans la joie et la bonne humeur, et bien non. Votre "mental" préfère lui, les scènes de conflits. Ainsi, vous allez, arriver au travail extrêmement tendu, les nerfs à vifs. Il y a de grandes chances pour que votre conversation avec votre manager ne se passe pas en douceur.


Il peut aussi y avoir une autre solution. Vous êtes sur la route du travail, vous décidez de reprendre les rênes de votre “mental” et ainsi redevenir conscient. Vous devenez l'observateur de vos pensées, de votre corps et vous vous rendez compte que votre respiration est plus courte, votre coeur bat plus vite et plus fort, et que tous les muscles de votre corps sont en tension.

Le système nerveux sympathique c’est à nouveau mis en route alors que vous n’avez qu’imaginé la situation.

Vous avez maintenant le choix de déclencher consciemment le système parasympathique. Pour cela, rien de plus simple, vous allez reprendre votre respiration consciente, relâcher vos muscles et revenir à l’instant présent.

A vous de jouer !!!

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